Fumer tue, mais pas toujours ceux qu’on pense! Cette publicité de la Fondation Smokefree America illustre les dangers de la cigarette, en particuliers les dommages collatéraux. Mais comment aborder ce sujet traité et rabâché à tel point qu’on en a marre de tous ces conseils comment bien vivre sa vie, en bonne santé et avec succès.
Archive: advertising
Au pays de la promiscuité, un leitmotiv : ne pas troubler l’ordre des choses. Le métro tokyoïte est un lieu de passage où tout le monde s’ignore avec une déférence pour le moins codifiée, affairé qu’il est à pianoter sur son ketaï (téléphone cellulaire), absorbé par la lecture d’un manga ou la tête ballante profondément assoupi.
Depuis plusieurs années, Tokyo Metro tente d’éduquer ses clients avec une campagne d’affichage in situ intitulée “Please do it at home” destinée à rappeler les plus élémentaires principes de courtoisie. Vous y apprendrez comme il est odieux de passer ses coups de fil aux heures de pointes, invraisemblable d’étaler tout son shopping, très mal vu de se refaire une beauté, parfaitement inadmissible de voyager en état d’ébriété avancée et le comble prendre toute la place sur la banquette. L’humour japonais souvent impénétrable aux Occidentaux laisse place à une iconographie dépouillée et ludique. Déjà cité sur ce blog, un exemple de signalétique sur les portes des rames.
Retrouvez ici la série complète des affiches.
(via dannychoo)
Signée Ogilvy, Do knot forget est la toute récente campagne de Ford pour annoncer l’équipement de série dans tous les nouveaux modèles de la marque américaine. Jusqu’alors comme le voulait la tradition on faisait un noeud à son mouchoir, non? Dès à présent lorsque vous montez dans une Ford, vous pouvez oublier tous vos câbles. La voiture est équipée d’un système Bluetooth intégré pour connecter votre téléphone portable, smartphone, lecteur mp3 et autre GPS tout simplement. Mais quel est le lien entre Ford et Apple?
Ford – Apple: même combat?
Ogilvy n’a pas représenté un quelconque câble, mais a porté son choix sur les fils blancs emblèmes reconnaissables et bien connus de la marque Apple. Rien d’innocent à cela. Apple a déjà annoncé en 2006 son association avec Ford Motor Company, General Motors et Mazda pour proposer l’intégration parfaite de l’iPod sur la plupart des modèles de leurs différentes marques. Ford poursuit aujourd’hui son effort d’intégration – sans fil cette fois – et profite en passant d’un transfert d’image. L’iPhone est passé par là.
Le transfert d’image n’est pas si anodin. Il me rappelle que même si les deux fondateurs de ces entités ne se sont jamais connus, il est pertinent de relever la proximité des deux marques. Point commun inscrit dans l’ADN de la marque:
- Steve Jobs et Henry Ford sont des visionnaires dont les actions entreprises modifient durablement notre quotidien.
- Apple est une marque qui challenge le status quo en pensant différemment. Elle a révolutionné l’usage individuel de l’ordinateur avec la première interface utilisateur graphique (1984), modifié l’industrie de la musique avec iPod et iTunes (2001), et bouleversé l’industrie de la téléphonie (2007).
- Ford a révolutionné le monde de l’industrie mécanique/automobile avec son modèle T (1908) en organisant la division du travail, la standardisation, et stimulant l’augmentation du pouvoir d’achat des ouvriers. Tout le monde ou presque voulait une Ford-T.
Nouveauté vs innovation
Rien de franchement excitant dans cette annonce Bluetooth de Ford, hormis le jeu de mots et le clin d’oeil Apple. Finalement Ford nous promet une connectique facilitée et une expérience consommateur exceptionnelle en version seamless technology, soit une ergonomie si évidente que nous ne percevons plus la technologie compliquée qui nous assiste. En d’autre termes, c’est un “super-mains-libres”, une nouveauté disponible sur les véhicules Ford, mais pas une réelle innovation, les technologies ici en jeu étant toutes déjà existantes.
Depuis l’annonce du iPad, dernier né de la flotte Apple, il ne sa passe pas un jour sans un article ventant ou décriant l’absence de caméra ou illustrant le nouveau produit comme un gros iPhone, etc. Les avis divergent fortement, mais ne laissent personne indifférent. Ce débat bassement lié aux caractéristiques techniques occulte cependant la vraie question: Apple adresse un défi aux industries papivores. L’iPad n’est pas un simple objet, mais une idéologie (à ce sujet: iPad: Overhyped Flop or a case of Great Design Thinking?). Ce n’est pas une nouveauté, il s’agit bien d’innovation. Jamais personne ne s’est ainsi posé face à l’industrie de l’édition. Sachant que les groupes d’édition – du quotidien au roman – fonctionnent verticalement de manière quasi autarcique et maîtrisent l’ensemble de la chaîne de production/diffusion, comment vont-il réagir?
Au lancement d’iPod et iTunes personne n’y a cru, mais Apple a bel et bien insufflé un changement durable en jouant sur la mise en vente de données numérisées à l’unité. Résultat: Exit l’album et rupture de la chaîne de production/distribution. Avec l’iPhone, Apple a dicté sa loi dans le monde des opérateurs en imposant un appareil unique. Seul AT&T a accepté le diktat d’Apple. Le risque s’est avéré payant. Alors, iPad est-il vraiment un produit voué à l’échec? A l’instar du lancement de l’iPod, le consommateur ne peut pas encore percevoir les bénéfices du iPad. Il paraît physiquement et techniquement trop similaire. Mais l’industrie de l’édition, elle a bien perçu la menace. Va-t-elle savoir mieux réagir que l’industrie du disque? Si j’observe bien, tous les supports imprimés (hormis les supports artisanaux) sont issus de documents électroniques, non?
Le constat est le suivant: toutes les informations que nous consommons quotidiennement sur différents canaux/supports digitaux ou analogiques (ordinateur, smartphone, journal, radio, lecteur mp3, chaîne stéréo, appareil photo, livre, etc.) sont des données binaires. A ce titre, ces données digitales peuvent désormais voyager sur n’importe quel écran. iPad fera probablement très bien l’affaire en tant que support. Peut-être qu’il est un peu en avance pour l’idéologie qu’il sous-tend. Faisons confiance à l’équipe de Steve Jobs. Je finis ce post en laissant la parole à Henry Ford: “If I had asked what people wanted, they would have said a faster horse“.
PS. Etrange mes câbles d’iPhone ressemblent souvent à ça lorsque je les sors de mon sac! Voici comment les ranger. Ok, ce n’est pas démontré avec un iPod, mais on comprend quand même:
(Ford ad via swissmiss)
Quand la fiction et la mise en abyme permettent d’ouvrir les yeux, les choses ne sont plus ce qu’elles paraissent et les risques qui inquiètent sont subitement très différents de ceux qui tuent vraiment. L’effroi suscité devient alors une motivation positive au changement de comportement. A titre d’exemple, deux campagnes récentes.
Client: Sécurité Routière, France
Campagne: Ne laissons pas une personne qui a bu reprendre le volant (2009)
Agence: Lowe Strateus
Client: Women’s aid campaign, Royaume-Uni
Campagne: CUT (2009)
Agence: Grey London
es risques que nous pouvons contrôler engendrent beaucoup moins d’effroi que ceux qui nous échappent. A ce titre, “mourir dans un attentat terroriste (ou de la vache folle) est perçu comme totalement effroyable; mourir d’un infarctus curieusement pas”.
RISQUE = DANGER + EFFROI
Lorsque le danger est grand et que l’effroi est faible, les gens ont tendance à sous-estimer le risque”. Sous le principe de contrôle et de déni: conduire sa voiture, effets à long terme des habitudes alimentaires, taux d’activité/sédentarité, laisser ses enfants jouer autour de la piscine du voisin, etc.
RISQUE = DANGER + EFFROI
Lorsque le danger est faible et que l’effroi est grand, ils surestiment le risque”. Ici nous sommes dans le domaine de la perte de contrôle et du fantasme: Prendre l’avion, mourir dans un attentat, être contaminé par un virus mortel ou contracter une maladie orpheline, envoyer ses enfants passer le weekend chez une copine dont les parents possèdent une arme à feu, etc.
Post inspiré librement par la lecture de Steven D. Levitt.
Voici venu le moment tant redouté dans la vie de l’agence: la carte de Noël ou de voeux pour la nouvelle année! Alors que certains se tirent une balle dans le pied portant à confirmer l’adage que les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, force est de constater que quelques projets sortent vraiment du lot.
Faisant appel aux médias sociaux, aux iPhone apps, à la réalité augmentée, etc. l’année 2009 représente probablement un tournant dans la complexité (stratégique et créative) des cartes digitales. Et pas toujours pour le meilleur! Je vous épargne les performances vocales et autres mises en scène consternantes… Voici un choix tout à fait subjectif.
L’agence Mother London utilise le mécanisme du fishing pour son action de Noël. Le budget complet de l’action sera offert à celui qui répondra au spam de l’agence. Incrédulité! Mother London nous apprend la générosité: “Giving is glorious”. Simplement brillant.
Bernstein-Rein, vous transfirgure, à condition d’avoir une webcam et vous permet de poster votre photo sur diffrérents sites de médias sociaux.
L’agence Collective à Londres propose un Santa Claus curieux de savoir si vous avez été sage cette année. Comment? Entrez simplement votre nom de profil Twitter et vous aurez la réponse à cette terrible question: Are you on Santa’s Naughty or Nice List? Vous pouvez évidemment partager vos résultats sur les réseaux. Et si vous n’avez pas de compte Twitter, vous pouvez aussi participer.
Ogilvy Group UK crée une iPhone App Ogilvy White Christmas. L’application très simple intègre un effet “Let it snow” sur l’appareil photo du iPhone. Télécharger sur iTunes.
Republic agency met à disposition une iPhone App essentielle pour cette fin d’année. Où que vos soirées – arrosées ou non – vous portent, l’application vous guidera sans encombre sur le chemin du retour à la maison. Suivez votre étoile! Voir la vidéo plein écran sur le site de l’agence. Télécharger sur iTunes. 3GS uniquement.
L’agence Damashek Consulting invite à explorer un magasin de jouets enchantés afin d’y trouver l’objet magique qui vous permettra d’accéder à une expérience de réalité augmentée. Chasse au trésor!
Et enfin le fairy tale revisité par l’agence JWT New York. Un superbe film d’animation narrant les événements 2009 à travers le point de vue d’une vache depuis sa campagne natale. Tout fini par s’arranger! En route vers 2010 où l’herbe des pâturages sera sans doute plus verte…
IKEA est une marque très dynamique. En font preuve les dernières campagnes ‘produits’ qu’elles soient digitales ou classiques, très individualistes (en terme d’agence, avec du one-shot), mais d’une créativité jouissive.
IKEA Product: Billy, 30 ans – Suisse (nov. 2009)
Pour les 50 ans de la fameuse étagère/bibliothèque BILLY, plusieurs agences suisses mettent les bouchées doubles. Cela donne un mini-site et un film en stop motion vraiment sympa.
IKEA Social Media: Facebook showroom – Suède (nov. 2009)
Si vous êtes manager chez IKEA en Suède et que vous diffusez des photos d’articles de votre entreprise c’est que vous pouvez peut-être mettre votre nom (la main) dessus. Ah la convoitise! Partie de ce principe, l’agence a su très habilement utiliser les caractéristiques techniques de Facebook, à savoir le tagging des photos.
IKEA Catalogue: Guérilla dans les cinémas – Autriche (nov. 2009)
On connaissait le placement de produit dans les films, voici venu le temps de vous informer non seulement du produit, mais aussi de son nom et de son prix.
IKEA Catalogue: iPhone App 2010 Catalogue (déc. 2009)
IKEA Storytelling animating for PS Product Line (début 2009)
Le mini site présente les produits IKEA PS et leur designers de manière ludique et instructive.
Pour mémoire, IKEA vient d’être nominé dans la short list du BEST OF 2000’s de AdAge des meilleurs spots publicitaires de la décennie avec le film “LAMP” réalisé par Spike Jonze.
Illustrations: Copyright Scott Campbell